Produits devis commande

restaurer &

MACONNER a l'ANCIENNE:

Informations extraites de la charte de Rennes UCQPA Bretagne

Vous trouverez également d'excellents conseils en suivant ce lien: http://www.tiez-breiz.org/plandu.htm

Matériel nécessaires

Vous aurez besoin de : Un fil à plomb, une truelle à joints, une bétonnière (pour les travaux d'importance), une pelle, niveau à bulles, truelle, mètre, une masse, un marteau de maçon, règle métallique et une brouette.

Restaurer c'est respecter.

Avant d'entreprendre la restauration, prendre son temps :

Ferme du pays de Chateaugiron
  • pour observer la maison, pour voir les maisons de même époque, en état d'origine, et même en ruines, dans le "pays" ; elles serviront de modèles ;
  • pour analyser les besoins et les faire "cadrer" avec la maison àrestaurer ;
  • pour établir un plan d'ensemble.

Ferme du pays de Chateaugiron

Consulter les organismes de conseil (C.A.U.E, Services Départementaux de l'Architecture, Tiez-Breiz, ...).

Conserver tous les matériaux d'origine, menuiseries, ferrures, etc... pour les réutiliser ou s'en servir comme modèles.

Eviter de se référer aux règles constructives en habitat neuf : les 2,50 m de hauteur sous plafond ne sont pas obligatoires, les planchers béton ne sont pas compatibles avec les matériaux anciens, les contraintes de surfaces d'ouverture minimum étaient inconnues à l'époque de la construction...

Signifier clairement votre volonté de conserver tous les éléments constitutifs de la maison à restaurer.

Si des extensions sont nécessaires, elles doivent être discrètes par rapport au bâtiment principal.

Savoir que pour mener à bien une restauration réussie, il faut un "chef d'orchestre" compétent... et vigilant.

Les Fondations

La plupart des maisons rurales et certaines maisons de bourg et de ville ont des fondations peu importantes. II est donc nécessaire de ne pas déchausser les pieds de mur, notamment par des drainages trop près du mur.

En cas de suppression d'un talus auquel est adossée une maison ancienne, il est indispensable de consolider le mur ainsi fragilisé.

Les sols

En cas de pose d'un carrelage de terre cuite, éviter de faire des joints larges au ciment (surtout gris).

Les constructions en pierre

Le granit n'est pas le seul matériau utilisé pour les constructions anciennes en Bretagne: les schistes, les grès, la terre en masse, le bois sont aussi largement utilisés traduisant des spécificités locales et apportant une grande variété de mise en oeuvre et de couleurs.

Si une reprise de mur en pierre est nécessaire, utiliser de préférence le même matériau, dans les mêmes dimensions avec des joints de même épaisseur que les joints d'origine. Le mortier de pose sera en retrait du mur pour recevoir une finition identique au reste de la façade ancienne.

En cas de nécessité, si on est obligé de se limiter à un simple parement en pierre, suivre les mêmes règles que ci-dessus.

 

Ci contre et de haut en bas ces croquis représentent :

1° Muret en granite grand appareil :les formes des pierres sont maitrisées, la maçonnerie en est facilitée.

2° Muret de pierres triées (extraction par explosif dans des carrières de roches massives), les formes sont plus aléatoires, le rendu est plus "authentique".

3° Muret de schiste : Formes aléatoires mais maçonnerie plus facile.

 

Les enduits et les joints (voir ci-après "fabrication des mortiers").

Les enduits et les joints traditionnels étaient faits jusqu'au début du XXè siècle à la chaux aérienne ou dans certains cas à la chaux hydraulique naturelle.

Choix entre enduit et rejointoiement :

- les enduits
Ils seront à base de chaux aérienne ou hydraulique naturelle ;

Quelques principes pour orienter le choix :

  • L'enduit est surtout fréquent dans les villes et les bourgs.
  • Des entourages de percement en relief par rapport au nu du mur montrent qu'un enduit était prévu. C'est le cas lorsque la maçonnerie est composée de matériaux "tout venant" de qualité médiocre.
  • La mode de la pierre apparente n'est pas à suivre systématiquement.
  • A l'intérieur, si vous choisissez les pierres apparentes, il faut savoir que c'est plus sonore, plus froid, plus sombre qu'un enduit à la chaux aérienne ou au plâtre et sable (en utilisant du plâtre gros).
  • Un mortier à la chaux aérienne ajoute au confort : il assourdit les bruits, il participe à la régulation hygrométrique ; s'il est clair, il accroche la lumière.

Les joints

Ils sont réalisés avec le même matériau que les enduits décrits ci-dessus.

Eviter les joints en retrait, trop fins, tirés au fer.

En cas de rejointoiement d'une maison de schiste, proscrire la retaille des lits de pierre pour faire des joints larges, de même pour toutes les maçonneries, ne jamais retailler les pierres.


Les différents liants, leur utilisation et la fabrication des mortiers
(Documentation élaborée par le Collège Régional du Patrimoine et des Sites)

  • Ciments - CPA ou CPJ.
  • Chaux hydraulique artificielle blanche ou grise.
  • Chaux hydraulique naturelle.
  • Chaux aérienne éteinte pour le bâtiment (C.A.E.B).
MATERIAUX PROPRIETES UTILISATIONS
CIMENT
  • Hydraulique
  • Résistance mécanique importante
  • Relativement hydrofuge
  • Retrait important
  • Prise rapide (4h)
  • Incompatibilité avec matériaux traditionnels (pierre, terre crue ou cuite, bois).
  • A réserver pour des reprises de structures spécifiques.
  • Béton
CHAUX HYDRAULIQUE ARTIFICIELLE GRISE
  • (Petit ciment)
  • Résistance relativement importante
  • Retrait
  • Prise rapide (4h)
  • Injection de coulis sans pression.
  • Maçonnerie peu épaisse
CHAUX HYDRAULIQUE ARTIFICIELLE BLANCHE
  • Couleur blanche
  • Dénature la couleur des matériaux 
  • Sans justification
CHAUX HYDRAULIQUE NATURELLE
  • Hydraulique
  • de couleur claire
  • peu de retrait
  • prise plus lente (8h)
  • Injection de coulis sans pression.
  • Maçonnerie
  • Sous-enduits
  • Solins, embarrure et crêtes
  • Réalisation de sols
  • Badigeons
CHAUX AERIENNE ETEINTE POUR LE BATIMENT (C.A.E.B.)
CHAUX LEGERE
FLEUR DE CHAUX
CHAUX VIVE ETEINTE
  • Fait sa prise à l'air
  • Permet l'échange hydrométrique entre le support et l'atmosphère
  • Préserve la couleur des agrégats
  • et permet de conserver les couleurs de terroir
  • Maçonnerie de moellons
  • Sous-enduits et enduits de finitionn
  • Joints
  • Badigeons
  • Peut rentrer dans la composition d'un mortier de terre
  • Enduits des âtres de cheminées
  • Consolidation des sols en terre battue
  • Pose de carrelage
TERRE
  • Peu onéreuse
  • Maçonnerie
  • Enduits
  • Sols (terre battue)
  • Plafonds de "quenouilles"


Fabrication des mortiers

Pour obtenir la qualité et l'aspect qu'il est nécessaire de retrouver sur un édifice ancien, il y a lieu de faire de nombreux essais avec des granulats et des dosages différents avant le démarrage du chantier, afin de pouvoir étudier l'aspect final, après plusieurs semaines.

Bien penser à l'unité que peut offrir l'aspect de ces mortiers, entre les souches de cheminées, les solins et les enduits.

Composition :

Granulats utilisés avec la chaux aérienne éteinte pour le bâtiment (C.A.E.B) ou chaux hydraulique naturelle :
- Teneur en fines (argile) comprise entre 15 et 30 % (ceci est un minimum pour obtenir la coloration et la plasticité (onctuosité) des mortiers et un maximum pour éviter le faïençage) :
- Ne pas hésiter à utiliser de fortes granulométries de 0/6,5 et voire plus.
- Le mélange de plusieurs sables peut être nécessaire pour obtenir cette fourchette de 15 à 30 %. Exemple : sable de Loire + sable argileux.
Il est nécessaire de s'harmoniser aux couleurs de la région, et dans ce but il est préférable d'utiliser des sables locaux.

Les enduits ne sont pas obligatoirement réalisés en trois couches sur une maçonnerie ancienne (Cf. D.T.U. 26.1 de mai 1990).

Le dosage de l'enduit doit être de moins en moins riche en chaux, la première couche devant obtenir une dureté proche du support et la couche de finition devant se situer autour d'un volume de chaux aérienne éteinte pour le bâtiment (C.A.E.B) pour 4 volumes de sables afin d'obtenir un mortier très onctueux. Si ce n'était pas le cas, il faudrait revoir la teneur en fines.

On retrouve des mortiers renforcés avec certaines fibres animales.

Mise en oeuvre :

- Il faut conserver les mouvements de la maçonnerie et pour cela ne pas utiliser la règle ni le fil à plomb. Utiliser des taloches de petites dimensions et proscrire la taloche en plastique qui ne fait pas rouler le grain de sable et donnera des aspects différents selon la prise du mortier.

- L'enduit doit être amorti sur les pierres de taille (banir les bourrelets et les contours soulignés). Toutes les arrêtes devront être adoucies au pourtour des pierres laissées apparentes.

- Dans le cas de rejointoiement, ne jamais retailler la pierre pour ouvrir le joint, lors du dégarnissage.

- Lorsque les joints sont d'une largueur importante, insérer des éclats de pierre (schiste, brique....) selon les régions.

Finitions :

Les enduits anciens que l'on rencontre ont déjà été dégradés par le temps et ont perdu leur aspect fini d'origine. Pour avoir une idée de l'aspect d'origine, examiner la maçonnerie dans les parties les plus protégées (sous les débords de couverture).

En Bretagne, on rencontrait le plus souvent deux types de finitions :

1 - L'enduit épais était resserré à la truelle le lendemain de sa mise en oeuvre, lorsque l'enduit marque à peine sous la pression du pouce. Il était souvent passé une lichette de chaux.
Lichette : (pâte de chaux qui peut rester blanche ou prendre la teinte obtenue avec l'eau de lavage d'un sable argileux ou de la terre). Cette lichette pouvait elle-même être feutrée pour estomper les coups de truelles.

2 - Les enduits pelliculaires étaient coupés. L'excédent de mortier frais était enlevé avec le tranchant de la truelle au moment même de la mise en oeuvre (à ne pas confondre avec un enduit gratté).

Nota : Les enduits grattés n'ont jamais existé sur le bâti ancien.

Ces types d'enduits étaient entretenus régulièrement avec un badigeon de lait de chaux. Ces badigeons étaient aussi passés sur les pierres d'encadrement.

 

Enduit en plusieurs couches :
- giclage : limité à 0,5 cm,
- corps d'enduit : 1 cm,
- couche finition : 0,5 à 1 cm.
Ne pas dépasser en général 2 cm.

Pour avoir une couleur uniforme, attendre au moins 15 jours entre chaque couche.

Il est important de resserrer l'enduit à la truelle le lendemain, car cela fait repartir la carbonatation et évite les différences de teintes et les taches blanches.

Voir nos sables